« Ancrer la Nouvelle-Calédonie dans la dynamique régionale »

23 novembre 2020

Coopération régionale

François Behue a déjà exercé dans la région Pacifique, entre 2007 et 2009, en tant que chargé de mission auprès du Préfet de Wallis-et-Futuna pour le suivi des affaires territoriales, européennes et régionales (© Peter Tandt).

François Behue a déjà exercé dans la région Pacifique, entre 2007 et 2009, en tant que chargé de mission auprès du Préfet de Wallis-et-Futuna pour le suivi des affaires territoriales, européennes et régionales (© Peter Tandt).

Dédié notamment à la mise en œuvre de la politique régionale de la Nouvelle-Calédonie, le service de la Coopération régionale et relations extérieures est placé sous l’autorité du président du gouvernement Thierry Santa, qui souhaite renforcer l’intégration de la Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique. François Behue, qui a pris la tête du service en septembre, nous en présente les grands objectifs.

 

Vous venez de prendre vos fonctions dans  une période pour le moins perturbée en raison de la crise sanitaire mondiale. Comment appréhendez-vous vos nouvelles missions ?

François Behue : La pandémie suscite beaucoup d’attentes de la part des autorités en termes de relations avec l’extérieur. Paradoxalement, au niveau de notre service, nous constatons une accélération des relations plutôt qu’un ralentissement. Nous continuons d’échanger régulièrement grâce au numérique avec les pays et les instances de la zone. Il y a une réelle prise de conscience et une volonté de renforcer la coopération régionale. Il s’agit pour la Nouvelle-Calédonie de savoir comment s’ancrer dans cette dynamique, en se coordonnant notamment avec l’État car ce sont des compétences partagées.

 

Quelles vont être justement vos priorités en matière de coopération régionale, votre feuille de route ?

F. B. : Nous avons trois axes de développement dans la feuille de route qui a été tracée par le gouvernement. Le premier est de consolider les relations avec nos plus proches voisins : Vanuatu, Fidji, Australie, Nouvelle-Zélande, mais aussi la Papouasie-Nouvelle-Guinée en s’appuyant notamment sur les délégués de la Nouvelle-Calédonie basés dans ces pays. Le deuxième axe est d’ajuster les actions de coopération sur des secteurs prioritaires, dictés notamment par la pandémie. Il y a par exemple le volet sanitaire, mais aussi les secteurs aérien et maritime. Le troisième axe porte sur une coopération régionale renouvelée avec les deux autres territoires français du Pacifique, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna.

 

Quel est le rôle des délégués de la Nouvelle-Calédonie ?

F. B. : Les délégués représentent la Nouvelle-Calédonie et remplissent les missions du service de la Coopération régionale et relations extérieures, mais en s’adaptant au contexte du pays. Par exemple, en Australie et en Nouvelle-Zélande, il y a eu une forte demande au niveau du patrimoine culturel calédonien. Les délégués développent donc des actions de coopération culturelles et éducatives en ce sens. Aux îles Fidji, où se trouve le siège du Forum des îles du Pacifique, la coopération est aussi d’ordre politique. Les cinq délégués sont hébergés au sein des ambassades de France du pays hôte. C’est une force pour la Nouvelle-Calédonie d'intégrer un des plus grands réseaux diplomatiques au monde.

 

Votre premier grand rendez-vous  a lieu avec  la 10e conférence  du Pacifique insulaire pour la conservation de la nature et les aires protégées du 24 au 27 novembre. Une conférence virtuelle pour cause de crise sanitaire mondiale. Que doivent en attendre la Nouvelle-Calédonie et les pays de la région ?

F. B. : Cette conférence, co-organisée par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et le Programme régional océanien de l’environnement, va apporter de la visibilité aux îles du Pacifique et servir de tremplin auprès d’instances internationales. L’année 2021 sera marquée par un agenda international sur la biodiversité particulièrement soutenu notamment avec la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat. La déclaration commune qui doit émerger de cette 10e conférence sera la contribution des pays et territoires de la région qui souhaitent porter un message au niveau des Nations Unies. Pour le Pacifique, il s’agit bien de renforcer sa diplomatie climatique et des océans.

 

La Nouvelle-Calédonie doit prendre la présidence de l’association des pays et territoires d’outre-mer de l’Union européenne (OCTA) à la fin de l’année. Qu’est-ce que cela implique pour le territoire ?

F. B. : L’OCTA est une association qui regroupe les pays et territoires d’outre-mer (PTOM) associés à l’Union européenne. Son objectif est de porter la voix et de défendre les intérêts des PTOM aux côtés des institutions françaises et européennes. Début décembre, la Nouvelle-Calédonie va prendre la présidence de cette association pour un an dans un contexte particulier : la sortie des territoires britanniques en raison du Brexit, la renégociation en cours du partenariat entre l’UE et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (pays ACP et accords post-Cotonou), et du partenariat entre l’UE et les PTOM (décision d’association d’outre-mer). La Nouvelle-Calédonie aura le rôle de porte-drapeau et se doit de rassembler. C’est un défi qui doit se transformer en opportunité.

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