Le Pacifique s’engage pour la conservation de la nature

30 novembre 2020

Coopération régionale

Jean-Pierre Djaïwé, membre du gouvernement en charge des questions environnementales, a eu l’honneur de lire la Déclaration de Vemööre, depuis la Communauté du Pacifique à Nouméa.

Jean-Pierre Djaïwé, membre du gouvernement en charge des questions environnementales, a eu l’honneur de lire la Déclaration de Vemööre, depuis la Communauté du Pacifique à Nouméa.

Mission accomplie pour la 10e Conférence du Pacifique insulaire sur la conservation de la nature et les aires protégées avec l’adoption le 26 novembre de la Déclaration de Vemööre, une première dans l’histoire de cet événement. Ce texte est assorti d’engagements et de recommandations à l’attention des leaders internationaux.

« Nous, représentants et représentantes des gouvernements de 13 États et territoires du Pacifique insulaire, nos pays partenaires, et les dirigeants et dirigeantes d’organisations de 11 membres de la Table ronde océanienne pour la conservation de la nature, rassemblés dans le cadre de la 10e Conférence du Pacifique insulaire sur la conservation de la nature et sur les aires protégées, déclarons l'urgence de la crise mondiale de la biodiversité et que les actions porteuses de changements soient mises en œuvre sans délais. Cette crise représente une menace pour l'existence de notre océan Pacifique, de nos îles et de nos peuples. » C’est par cette prise de position forte que débute la Déclaration de Vemööre*. Un état d’urgence accentué par la pandémie de Covid-19 qui « nous rappelle de façon tragique que toutes nos sociétés dépendent de la bonne santé et de la résilience des écosystèmes naturels », poursuit le préambule. Le texte a été adopté à l’unanimité par les ministres de l’environnement des pays partenaires du Programme régional océanien de l’environnement et les membres de la Table ronde des îles du Pacifique le 26 novembre lors d’une séquence, organisée depuis la Nouvelle-Calédonie, le pays hôte de l’événement, dans un format virtuel en raison de la crise sanitaire.   

Un texte engageant

 « La région du Pacifique est la première à s’être concertée ainsi au niveau mondial pour faire des propositions d’action sur la conservation de la nature et à prendre des engagements pour atteindre ces objectifs », a rappelé Jean-Pierre Djaïwé, membre du gouvernement en charge des questions environnementales, qui a présidé la séance. Articulée autour de trois principaux piliers – notre océan, nos îles, notre lien à la nature et la mise en œuvre – la Déclaration énonce 21 pistes d’action (télécharger l’intégralité de la Déclaration) avant de conclure par un véritable appel à la mobilisation. Pendant la séquence ministérielle, les pays et territoires ont également pris des engagements qui seront annexés au texte. Les participants ont par exemple exprimé la volonté de renforcer la gestion des pêches par l’utilisation des technologies et la transparence pour une pêche durable, de réduire l’importation de plastiques et de bannir le plastique à usage unique, d’établir de nouvelles aires maritimes ou terrestres protégées, de développer les partenariats et les programmes de coopération régionaux ou encore de s’appuyer sur les populations locales pour définir et mettre en œuvre les actions de conservation, dans le respect des cultures.

La séquence ministérielle s’est achevée par une coutume de l’aire Djubéa-Kaponé à la délégation de Wallis-et-Futuna, puis à la CPS qui a accueilli l’événement en présentiel.

La séquence ministérielle s’est achevée par une coutume de l’aire Djubéa-Kaponé à la délégation de Wallis-et-Futuna, puis à la CPS qui a accueilli l’événement en présentiel.

Faire entendre la voix du Pacifique

Plus de 1 800 personnes ont suivi les sessions et les débats depuis la plateforme virtuelle de la 10e Conférence du Pacifique insulaire. « Ce qu’il faut en retenir, c’est la participation et l’inclusion de tous les acteurs concernés : la jeunesse, les gestionnaires, la recherche, les organismes régionaux, les partenaires de développement, les coutumiers, les ONG, les responsables politiques…, a salué Jean-Pierre Djaïwé. C’est ensemble que nous atteindrons les objectifs de conservation que nous nous sommes fixés et c’est ensemble que nous ferons entendre au monde la voix du Pacifique ». La Déclaration de Vemööre, qui va servir à régir les politiques locales du Pacifique insulaire, sera en effet portée dans toutes les négociations internationales autour de la biodiversité prévues en 2021. Notamment au Congrès mondial de l’UICN (Union international pour la conservation de la nature) à Marseille et à la COP 15 prévue à Kunming en Chine.

* Terme kunié (île des Pins) qui signifie « faire vivre la parole, le travail, un projet, une vision... » et par extension, « mettre en avant le caractère de l'engagement que l'on prend ».

 

« Les peuples du Pacifique forts de leur culture ont entendu l’appel de la toutoute pour se rassembler et organiser la préservation et la conservation de leur patrimoine commun », a déclaré Jean-Pierre Djaïwé.

« Les peuples du Pacifique forts de leur culture ont entendu l’appel de la toutoute pour se rassembler et organiser la préservation et la conservation de leur patrimoine commun », a déclaré Jean-Pierre Djaïwé.

 

Les engagements propres à la Nouvelle-Calédonie

Renforcer la sécurité des services écosystémiques en préservant la ressource en eau et la biodiversité, en mettant en œuvre les actions suivantes :

- augmentation de la biodiversité dans l'espace agricole par le développement de l'agroforesterie ;

- protection des ressources en eau et réduction des pollutions diffuses, notamment au sein des périmètres de protection des eaux ;

- conservation des espèces migratrices dont les oiseaux, les tortures et les mammifères marins.

 

 

Un nouveau cadre régional

Le Cadre 2021-2025 pour la conservation de la nature et les aires protégées dans la région du Pacifique insulaire, principal document de stratégie régionale, a également été abordé lors de la conférence. Ce guide, qui repose sur huit principes régissant les activités en faveur de la conservation de la nature dans le Pacifique, constitue une sorte de code de bonne conduite. Il présente les priorités régionales sous la forme de six objectifs stratégiques pour la période 2021-2025, déclinés en pistes d’action qui ont été approuvées et reprises dans la déclaration de Vemööre. Si ce nouveau cadre ne change pas fondamentalement dans la forme par rapport au cadre 2014-2020, il faut noter des modifications sur le fond. Ainsi, à la demande des pays et territoires partenaires,  les pistes d’action sont illustrées d’exemples issus des meilleures pratiques pour atteindre les objectifs, tandis que les partenaires et les acteurs clés sont identifiés. À retenir par ailleurs de ce nouveau document stratégique, la réaffirmation du lien entre les océans et le climat, ainsi que la nécessité de mieux prendre en compte et de s’appuyer sur les solutions portées par la nature elle-même pour sa conservation.

Une consultation publique sur le document est en cours pendant quelques jours : https://www.pacificnatureconference.com/framework-for-conservation?lang=fr

 

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